Un projet piéton dans Berlin à la rencontre des lieux, des artistes et de la Biennale.
L'idée du blog a germé avant le voyage, avant de vraiment savoir ce(ux) que nous rencontrerions sur place. L'Office Franco Allemand pour la Jeunesse a accepté de nous soutenir dans ce projet.

Nous vous invitons à explorer avec nous au fil des pages.. Bon regard!

mardi 10 juillet 2012

Chacun son tour d'y voir.

Les entrées sont limitées, la collection d'art contemporain et son milliardaire sont bien protégés : dans le quartier de Mitte et accessoirement dans un Bunker de 3000 m² sur cinq étages. Celui-ci fût construit en 1942 pour abriter 1200 civils au cas où. Les préoccupations depuis ont évolué et le Bunker a connu, en 70 ans,  plusieurs formes d'existence.

                                                    Photographie: © NOSHE, vue du Bunker.

En 1945, contrôlé par l'armée soviétique, il sert de prison. En 1949 on y stocke du textile et en 1957 de la nourriture. C'est alors une VEB, Volkseigener Betrieb, soit une entreprise possédée par le peuple, où l'on stocke des fruits, il est surnommé "Bananabunker". En 1992, c'est une boîte techno hardcore, y ont lieu notamment deux soirée restées dans les anales, "sexperimenta" et "the overture of lust". En 1990, il retourne aux mains de l'Allemagne réunifiée et en 2001 le bunker est récupéré par une société à responsabilités limitées (GmbH, équivalent Allemand de la SARL) . C'est seulement en 2003 que Christian Boros entreprend les travaux dans son nouveau Bunker. Cinq ans plus tard, il y expose une partie de sa collection qui dès lors sera ouverte au public, sur rendez-vous et pour la modique somme de 10 € (et 6 € pour les étudiants). 

On rencontre cette petite histoire à plusieurs endroits sur le web, mais en premiers lieu sur le site de la Collection Boros : http://www.sammlung-boros.de/index.php?id=1355&L=0. On peut y trouver l'histoire détaillée du lieu, des photographies et surtout s'inscrire pour une visite (le bunker est fermé jusqu'à septembre).

Certaines pièces sont magnifiques : le néon éteint de Kitty Kraus, la chaise branlante de Sarah Lucas, la cloche de Kris Martin, la structure de bois de Manfred Pernice, les logos de Daniel Pflumm, une sculpture de Bojan Sarcevic qui pour moi répond très efficacement au lieu, les photographies/ performances de Florian Slotawa, les traces de repas de Rirkrit Tiravanija et le mur lumineux d'Olafur Eliasson.
Mon sentiment (personnel) après la visite reste tout de même un certain ennui. C'est peut-être dû à la situation géographique, dans ce bunker les pièces surprotégées sont complètement coupées du monde, plus encore que dans un musée, elles sont comme mortes. J'avais décidément la sensation d'entrer dans un tombeau bourré à craquer de pièces qui partageaient ma détresse.    






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