Un projet piéton dans Berlin à la rencontre des lieux, des artistes et de la Biennale.
L'idée du blog a germé avant le voyage, avant de vraiment savoir ce(ux) que nous rencontrerions sur place. L'Office Franco Allemand pour la Jeunesse a accepté de nous soutenir dans ce projet.

Nous vous invitons à explorer avec nous au fil des pages.. Bon regard!

dimanche 15 juillet 2012

Hamburger Banhof




Nous avons visité l'Hamburger Banhof jusqu'à extinction des néons de Dan Flavin. Il y a beaucoup de choses à voir dans cette ancienne gare. Et, ne serait ce que pour l'importante collection d'oeuvres de Joseph Beuys, la visite vaut le détour. La collection comprend quelques sculptures, les inévitables blocs de graisse et objets en feutre mais surtout l'archive de la célèbre performance "Comment expliquer l'art contemporain à un lièvre mort".

En ce qui concerne la création contemporaine, et bien que l'on parle ici d'un dinosaure de l'art, une exposition a retenu notre attention : Anthony Mc Call.
Nous entrons dans une pièce sombre dans laquelle les enquêteurs peuvent constater plusieurs choses. Des projecteurs de lumière sont accrochés au plafond. Au sol, des lignes montrent que la lumière des projecteurs est découpée, d'une manière ou d'une autre. Entre plafond et sol, des pyramides de lumière mises en évidence par une fumée qui occupe les trois salles, et un public indiscipliné qui les traverse. Ce public cherche à habiter les lignes du sol, à faire partie de la forme générale, joue aux ombres chinoises et danse dans ou autour des pyramides. Ce comportement s'explique avec la lecture du texte de présentation. Pour Antony Mc Call c'est un "petit plus" que de laisser les spectateurs participer à l'oeuvre.
Si nous les regardons plus longtemps, nous nous rendons compte que les lignes au sol, plans des pyramides, se déplacent très lentement, changent de forme, s'ouvrent et se referment. Puis notre regard se lève, constate le dispositif, et nous sommes face à ce que l'artiste appelle des "Solid Sculpture". Sculptures intangibles, que l'on peut traverser (comme le public qui fait partie de l’oeuvre), mais qu'il est presque impossible de saisir, intellectuellement, c'est à dire de former une image mentale de la forme qui se présente à nous, bien qu'on en saisisse l'idée générale.

5 Minutes of Pure Sculpture s'appelle l'installation de neuf pyramides lumineuses. Pourquoi 5 minutes, quand certaines projections durent une heure ? Est-ce le temps que met notre regard à s'habituer? Donc le temps de viabilité des oeuvres?  Le public en tout cas, ne se lasse pas …
En fait, c'est l'histoire qui répond. Lorsqu'Antony Mac Call commençait sa recherche plastique, affilié au mouvement de l'art cinétique, il présentait ses formes de lumière dans les cinémas. L'histoire parle souvent de fumigène. L'un des jeunes artistes que nous avons rencontré, Vincent Puricelli, nous éclaire. À l’époque où il présentait ces sculptures de lumière dans les cinémas, 5 minutes était le temps nécessaire à la fumée de cigarettes pour se répandre dans la salle et révéler les cônes de lumière. L’oeuvre serait donc participative par essence, historiquement le public est un fumigène.

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